Système éducatif les ‘‘NOUVEAUX DEFIS ’’

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Sommes-nous dans la bonne voie ? Ainsi s’in- terrogeait le Pr Félix Iroko(2010) lors des Jour- nées d’étude organisées par le conseil National de l’Education (cNE) notamment par rapport aux programmes exécutés dans les établissements. Bonne question de réflexion sur le système éducatif.

Les problèmes relatifs aux pro- grammes et l’orientation générale du système concernent les enseignements primaire, secondaire, technique, supérieur et l’enseignement des disciplines comme l’histoire-géographie, les mathématiques, les sciences d’observation, les travaux ma- nuels, le français, les langues, la philosophie, la physique et chimie. Il constate aussi des problèmes relatifs à l’organisation générale des examens, à l’articulation entre les différents ni- veaux de l’éducation, la formation des maîtres, le rôle des sys- tèmes formel, informel et non formel, les disciplines enseignées et la pertinence de leurs contenus, les méthodes pédagogiques, etc.). Il envisageait une conception et une orien- tation générales de l’Education conformes aux intérêts et aux aspirations nationales des peuples d’Afrique Noire.
Nous sommes en 2014, cinquante ans après les constats de Moumouni Abdou. Tous les problèmes qu’il relevait persistent avec des variations parfois, des nuances, des aggravations mais ils sont bien là. En ce qui concerne les problèmes actuels qui représentent des défis, nous nous référons aux problèmes recensés par le Pr Paulin Hountondji (2010) lors des journées d’études qu’il a or- ganisées dans le cadre des activités du Conseil national de l’Education (CNE). Il s’agit des programmes d’études et l’ap- proche par les compétences, du dialogue social, de la forma- tion des formateurs, de la relation maître–élève de la maternelle à l’université, de la gestion du temps scolaire, de la gestion des flux d’apprenants, de l’utilisation des langues maternelles dans le système éducatif formel, du partenariat public-privé, de l’arrimage éducation formelle et non formelle, de l’apprentissage des métiers et l’adéquation formation-em- ploi.
Les programmes d’études posent toujours des problèmes. Les uns décrient les méthodes utilisées pour les exécuter, les autres fustigent l’absence de matériels didactiques, certains en- core les programmes eux-mêmes. Il y a eu des évaluations et des propositions de mesures correctives. Et le débat continue. Le dialogue social. Il serait difficile de ne pas en parler, vu les semaines de grève qui s’égrènent. Les négociations continuent entre les responsables syndicaux et les autorités gouvernemen- tales. Mais, il apparaît préoccupant d’envisager la promotion du dialogue social pour permettre aux uns et aux autres de vivre et travailler en parfaite intelligence dans le respect des droits et des devoirs de chacun.
La formation des enseignants ou formation des formateurs. L’enseignement supérieur, par le biais du Centre de Pédagogie Universitaire Assurance Qualité (CPUAQ), organise des forma- tions à l’intention des nouvelles recrues. Les enseignements maternel et primaire, secondaire technique et professionnel connaissent quelques difficultés surtout avec l’opération de re- versement qui a « légitimé » des personnes qui
n’ont pas reçu une formation initiale. Les écoles normales n’arrivent pas encore à couvrir les besoins du pays. Ce qui fait ressortir un gros pro- blème de planification.
A titre d’exemple, il est apparu que seuls 22% des professeurs de français et 15% de professeurs de mathématiques en situa- tion de classe ont une formation de base dans leurs disciplines respectives (Conseil National de l’Education, 2013).
La relation maître-élève, de la maternelle à l’université est mar- quée par la corruption, le harcèlement, l’abus d’autorité. On note des dérives qu’on n’observait pas il y a encore quelques années.
Combien de temps doit durer une année scolaire ou acadé- mique ? Le temps prévu est-il respecté ? Quelle gestion est faite de ce temps ? Pour plusieurs raisons que nous n’allons pas éta- ler ici, le temps est mal géré. Les flux d’élèves, d’étudiants sont mal gérés aussi.
Le système éducatif n’a rien prévu pour les exclus (les non sco- larisés, les déscolarisés, les handicapés). La Coopérative suisse et certaines ONGs offrent une chance d’insertion sociale à ces personnes à travers des formations, voire une scolarisation. Mais au-delà, le souci c’est de créer des passerelles pour arri- mer le système non formel au système formel et faire en sorte que l’éducation soit inclusive.
Le partenariat public-privé devra être formalisé pour une meil- leure cohérence au niveau des offres de formation, des conte- nus, des différentes spécialités, des diplômes délivrés… L’utilisation des langues maternelles, je dirai plutôt nationales, dans le système éducatif formel reste une question cruciale, qu’il s’agisse des enseignants ou des apprenants. Une expéri- mentation est en cours dans le secteur primaire et augure de bonnes perspectives à condition de bien penser les différentes étapes de réalisation du projet.
L’apprentissage des métiers demeure un gros défi. Comment faire pour former convenablement des personnes disposant de compétences et aptes aux emplois?
Abdou Moumouni évoque aussi l’organisation générale des exa- mens, l’articulation entre les différents niveaux de l’éducation, le rôle des systèmes formel, informel et non formel et leur uni- fication.
On peut ajouter d’autres préoccupations : l’éducation présco- laire, la scolarisation des filles, des handicapés, la question de la recherche scientifique et technique notamment en éducation, la place de la culture…
Nous connaissons tous les problèmes dont souffre notre sys- tème éducatif. Nous avons aussi une idée des solutions. Le sys- tème souffre de maux chroniques. Et il n’y a pas de nouveaux défis. Il y a les défis qui existent depuis les indépendances que les différentes réformes n’ont pas réussi à régler.
L’éducation est une arme de construction massive a écrit Régis Ezin (2012). Et nous souhaitons que la bonne voie soit enfin trouvée pour notre système éducatif.
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