Mme TOLI ANTOINETTE / DG BECOTRAC

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… j’encourage les jeunes à tout faire de telle sorte que l’espoir ne s’éteigne jamais en eux’’.

Atravers son vécu ponctué des difficultés et de réussites, allons à la découverte de Mme TOLIAntoinette. cet entretien ac- cordé à EDUMAG, fait ressortir les traits d’une femme forte, dont les conseils sont très inspirés et d’une grande sagesse.

Nos lecteurs aimeraient mieux vous connaitre.
Mon nom est Mme TOLI Antoinette, née TOTCHENOU GBE- NOU. Je suis née le 25 Octobre 1956 à Covè. Je suis mariée et mère de quatre enfants dont trois garçons et une fille.

Quel est votre parcours académique ?
Originaire de Covè, j’ai tout naturellement débuté mes études primaires à l’école Notre dame de Covè, (ce qui m’a encrée dans la religion dès l’enfance). Etudes primaires que j’ai d’ail- leurs terminées à l’école urbaine mixte centre B au Quartier LAdJIFARANI à Parakou où j’obtins mon entrée en 6 ème pour le CEMG I. Puis pour des raisons familiales, je suis revenu à Cotonou où je me suis inscrite à l’école professionnelle « COURS dJAKI » en 1975 et en janvier 1976 je me suis rendu en Côte d’Ivoire pour rejoindre mon époux Maître TOLI Simon qui y résidait. Une fois sur place, j’obtins mon BEPC en 1976 en candidate libre et je m’inscrivis à la Chambre de Commerce de la Côte d’Ivoire où j’eu les diplômes de Capacité Employé aux Ecritures en 1981, Capacité Auxiliaire de Comptabilité en 1982, B.E.P Comptable en 1983 et le Brevet Professionnel en Comptabilité en 1986. En 1987, je finalisais mon cursus universitaire, lorsque j’ai du à nouveau rejoindre avec mes en- fants mon époux qui nous avait précédé au Bénin.
L’inexistence de ma filière professionnel (BTS comptabilité) au bénin à l’époque, m’amena à interrompre mes études et me poussa à m’adonner à d’autres activités dans diverses associa- tions en attendant l’opportunité de les reprendre plus tard.

Quel est votre parcours professionnel ?
Entre mes études, mon rôle d’épouse et celui de mère, j’ai réussi tant bien que mal à faire quelques expériences très enrichis- santes qui m’ont d’ailleurs forgées ce profil d’Entrepreneur Comptable. J’ai commencé comme institutrice adjointe à l’Ecole LESALOUETTES d’Adjamé (Abidjan) en 1977, ce métier étant assez contraignant et fatiguant, j’ai donc postulé pour la fonction publique ivoirienne où je fus acceptée comme agent journalier à la direction Centrale de l’Hydraulique (nommée aujourd’hui direction de l’Eau). Ensuite, j’obtins l’opportunité d’être Secré- taire Comptable et en même temps gérante intérimaire de l’Eburnéenne de Promotion Immobilière (EPI). Cette expérience qui commença en mars 1986, s’acheva en 1987 où j’ai dû rentrer au Bénin parce que la famille m’importe plus que tout. Une fois au Bénin, j’ai occupé le poste de chef comptable au Comp- toir Générale d’Electricité (CGE) de 1987 à 1989 avant de me prendre la décision de m’installer à mon propre compte.

Comment en êtes-vous arrivé à l’entreprenariat ? Quelle a été votre principale motivation et quelles sont les étapes qui ont ponctuées ce choix de carrière ?
d’abord, j’ai eu très tôt la notion de commerce avec mes grands- mères en restant au près d’elles pendant les vacances. Mais de façon concrète l’envie de m’installer à mon propre compte m’est venue après mon départ de la CGE. Je m’en sentais ca- pable et j’avais déjà accumulé bon nombre d’expériences. En plus, je commençais par mieux connaitre le marché béninois surtout ses différents acteurs et je me suis dit qu’il fallait saisir cette opportunité que je trouvais plus rémunératrice que travailler en tant qu’employé. J’ai donc investi dans l’achat de sacs de jute pour les revendre aux exportateurs de noix d’anacardes, puis j’ai continué avec la vente du maïs pour la fabrication de la bière et pour la livraison des cantines de différentes sociétés (Sobemap, SBEE, l’OPT). Je ne pensais qu’à diversifier mes activités d’où le nom de ma société BE.CO.TRAC (Béninoise de Courtages et de Transactions Commerciales) et c’est ainsi que j’obtins mon registre de commerce le 04 mai 1990 avec l’aide de mon mari qui ne tenait aucunement à ce que je sois dans l’informel. d’ailleurs, ce que les jeunes doivent savoir c’est qu’il faut tout le temps occuper son cerveau à réfléchir pour in- nover, apporter une valeur ajoutée à son activité et contribuer au développement de façon globale. Dans ce sens j’ai intégré diverses structures comme l’Associa- tion des Femmes Béninoise pour le développement (AFBd), l’Association des Femmes d’Affaires et Chefs d’Entreprises du Bénin (AFACEB) et c’est grâce à cette dernière que je me suis retrouvée au CNP (Conseil National du Patronat) en tant que trésorière générale depuis 2006.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées sur le plan académique, professionnel et dans la vie en générale ?

J’ai connu certaines difficultés, notamment dès l’âge de trois ans où étant orpheline de mère vivante, j’ai été placée auprès des sœurs religieuses de Notre dame de Covè, puis chez mon oncle à Parakou. A la suite des décès successifs de mon père et de mon oncle, je fus accueillis par des personnes de bonne volonté, avec qui je garde jusqu’à ce jour des relations affectives très forte. Ce fut une période particulière de mon adolescence, où je devais effectuer des travaux domestiques, marcher 4 km pour aller a l’école, travailler pendant les vacances avec mes grand mères pour pouvoir payer mes fournitures scolaires (vente de beignets d’arachide et de mais), sans oublier le manque de temps nécessaire pour pourvoir réellement apprendre ses le- çons. Mais je vous avoue que cette période fut très formatrice pour l’avenir.
En tant que femme, la difficulté majeure fut de pouvoir combiner vie de famille et vie active (Travail et Etudes)

En tant que femme, comment vous êtes-vous imposée dans ce domaine d’activité historiquement réservé aux hommes ?
C’est  avec  l’honnêteté,  c’est-à-dire  ne  jamais  laisser  les échéances passer ou plus clairement respecter le crédit-four- nisseur. C’est donc le respect de la parole donnée et la sincérité dans sa globalité. Cependant, il faut noter que c’est vraiment difficile de réussir dans ce domaine en tant que femme.

Selon vous quel est le secret de la réussite dans la vie ? Essentiellement à travers le travail bien fait et l’excellence. Mais la réussite, c’est aussi d’avoir la crainte de dieu, le respect de l’autorité et le partage de soi et d’avoir avec l’entourage.
Il s’agit aussi de s’inscrire dans l’amélioration continue, c’est pour cela que même actuellement à mon âge, je continue par apprendre les modules qui n’étaient pas enseignés en mon temps.

Quels conseils pouvez-vous donner à la jeunesse béninoise (en particulier à la gente féminine) et que pouvez vous dire leur dire sur la sexualité ?
Je demanderais surtout aux jeunes filles d’aujourd’hui d’être en- durantes et d’assumer leur responsabilité de femme dans la so- ciété et dans le ménage. Etre jeune fille diplômée et ne pas savoir faire la cuisine soit disant qu’on a été à l’école, n’amène pas à tenir un ménage. Tout en les encourageant à faire preuve d’honnêteté intellectuelle, je les exhorte à éviter toute forme de concurrence déloyale, car un bien mal acquis ne profite jamais. Concernant la sexualité, il y a un temps pour toute chose. La sexualité, c’est toute la vie mais à partir d’un certain âge donné (18 ans au moins selon moi). Et puis si vous vous donnez avant le mariage, qu’allez  vous découvrir après le mariage ? Je re- commande aux jeunes l’abstinence avant le mariage. Le sexe, c’est différent de l’amour et de la tendresse qu’il ne faut pas confondre car le sexe, c’est pour la procréation. Je suis peut- être une femme dépassée mais cela est mon entendement. Le sexe n’est pas l’objectif de la vie à deux mais plutôt l’amour, c’est-à-dire rechercher le bien être de son conjoint(e), s’oublier au profit de l’autre.

Que pensez-vous de l’égalité homme-femme ?
L’égalité dont on parle, c’est dans la société et non dans la fa- mille. En famille, il n’y a pas d’égalité. L’homme c’est-à-dire le mari est le chef de famille qui mérite respect et attention et, lui en tant que tel doit jouer son rôle.
En société, les femmes doivent se dire qu’elles peuvent travailler et être même meilleure que les hommes. dans le ménage, on parle plutôt de complémentarité.

Quel est votre mot de fin ?
Les jeunes doivent savoir qu’à l’école, on n’apprend que les bases et que c’est dans l’entreprise qu’on apprend la discipline, l’assiduité et la ponctualité. Ils doivent apprendre à cultiver ces valeurs à tout prix, tout en gardant à l’esprit que le contact hu- main est primordial car il faut garder de bonnes relations et lais- ser une bonne impression partout où l’on passe. Le respect et l’humilité ouvrent beaucoup de portes. Il faut chercher l’argent honnêtement pour vivre en paix. Mettre dieu en avant de tout ce que vous faites est ce qu’il y a de mieux.
Pour finir l’invocation de l’Esprit-Saint dans toute religion est im- portante et j’encourage les jeunes à tout faire de telle sorte que l’espoir ne s’éteigne jamais en eux. Je vous remercie et longue vie au magazine.