Ketou: la cité universitaire d’agriculture

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Riche en histoire, Ketu ou Kétou est une ville du sud-est du Bénin située à l’extrême nord du département du Plateau. Chef-lieu de la commune, Ketu regroupe 28 villages avec une population estimée à 39 195 habitants selon le dernier Recensement géné- ral de la population de 2002. Ketu se situe entre autres à 140 km au Nord de Cotonou et à 100 km de la Capitale Porto-Novo. Avec une grande frontière avec la Répub- lique du Nigeria au niveau de la localité de Ilara, Ketu est une région majoritairement composée de population nago. Ce groupe ethnique cohabite depuis des décennies avec des populations fon, mahi, holli. La ville rappelle le vieux royaume yoruba qui trouve son origine à Ile-Ifè au Nigeria. L’actuel souverain Alade Ifè a été couronné le 50ème Alaketu le 17 décembre 2005. L’avènement de la structure universitaire remonte à 2009.Ketu demeure un grand centre rural et très peu développé avec quelques bâtiments administratifs et à côtés, de nouvelles maisons des fils de la loclités ayant fait fortune, qui côtoient de sobres constuctions et résidences des cadres et intellec- tuels venus des villages environnants. En dehors du cen- tre ville, le reste de la région est constitué de la grande brousse environnante et de vastes plantations de produits divers selon les saisons culturales. De fait, l’essentiel de l’économie de la région repose sur l’agriculture et dans une moindre proportion sur le commerce qu’alimente la proximité du Nigeria ou les transactions entre les dépar- tements du Zou, du Plateau, de l’Ouémé et de l’Atlantique.

Ketu, qui est aussi l’un des greniers du Bénin apparaît
alors comme un grand carrefour des affaires où plu- sieurs groupes ethniques se rencontrent pour divers échanges économiques, généralement autour des pro- duits agricoles. C’est fort de cette richesse que le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scienti- fique François Abiola Adébayo a organisé, mûri et im- planté un centre universitaire agricole dans la région qui jouit par ailleurs, d’une bonne condition climatique. Et l’achèvement de plusieurs axes routiers devrait désen- claver les régions et faire de Kétou un centre commer- cial, agricole et scientifique important. Déjà, la ville est viabilisée avec presque toutes les structures administra- tives. Ketu dispose ainsi d’une gendarmerie, d’un poste de douane, d’un camp militaire, d’un hôpital, d’une re- cette Ptt, d’une banque de micro

finance, de plusieurs écoles primaires, de deux collèges d’enseignement géné- ral et depuis l’année dernière d’un campus universitaire d’enseignement agricole. Le centre- ville est électrifié et dispose de l’eau potable comme nombre de villages en- vironnants. Une radio locale en bande Fm émet à Ketu depuis quelques années et porte le nom « Alaketu » en souvenir de la reine-mère. A noter que Ketu bénéficie d’un jumelage avec la ville française de Mothe-Achard dans la Vendée et depuis 2006 avec la ville de Vauréal dans le Val-d’Oise. Le maire de Ketu, Salami Osseni est un médecin colonel de l’armée béninoise à la retraite.

’intérêt culturel de Ketu s’articule autour du Palais royal où le roi Alade Ifè est très souvent disponible pour recevoir des étrangers qui sont de passage dans sa localité., Le Musée Akaba Idena communément appelé la porte magique constitue également l’un des attraits touristiques majeur de Kétu. C’est à ce niveau que se trouve la fortification de la ville. C’est en effet autre- fois l’ancienne et unique entrée dans Ketu. A Kétu également, le visiteur peut s’émerveiller devant les autels religieux et les nom- breux sculptures yoruba dont regorge la ville. A Ketu, on retrouve également le fétiche Aïtan-Ola, enterré sous un tas d’ordures sacré, à partir duquel on a une vue imprenable du centre- ville. On peut citer aussi comme centre d’intérêts les marchés de la cité, dont le plus grand reste Assena. A tout ceci s’ajoutent les danses et les céré- monies religieuses et ancestrales des cultes Yoruba comme Orisha et des masques Guèlèdé classés au patrimoine culturel mondial de l’Unesco, le Oro et les Egungun. Par ailleurs, la civilisation de Ketu a eu certaines influences à l’étranger et prioritairement au Brésil. Ainsi, on parle notamment du Candomblé Ketu dans la région de
Salvador de Bahia…Ketu et l’histoire
Le fondateur de Ketu, fait partie des sept descendants d’Oduduwa et ces derniers viennent d’Ilé-Ifè au Nigeria. Dans leur dispersion, chacun d’eux s’est donné pour mission d’aller imposer la tradition yoruba à travers le monde. C’est le fils aîné d’Oduduwa qui est venu s’installer à Ketu. A sa mort, il laissa sept princes et princesses qui constituent aujourd’hui les ancêtres du peuple yoruba actuel de la région. Parmi ses descendants, le deuxième enfant est devenu la mère de Ketu. C’est elle qu’on appelle Alaketu. Mais il n’existe pas de date précise sur la fondation de Ketu. cependant, les historiens l’estiment entre le 10ème et le 14ème siècle. A partir du 18ème siè- cle, Ketu va connaître son apogée à la suite des rivalités qui l’ont opposée aux royaumes d’Abomey et d’Oyo.

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