JERÔME CARLOS (Journaliste, Homme des médias, Professeur d’histoire) à la jeunesse:

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‘‘Sachez choisir votre formation’’

Journaliste, homme des médias, Professeur d’histoire, M. Jérôme Carlos se définit lui même comme un homme de lettres, amoureux fou des mots. Cet homme à plusieurs casquettes, véritable icône dans le domaine de la presse n’est plus à présenter au Bénin. Mais combien connaissent vraiment son parcours qu’il soit académique ou professionnel ? EDUmag vous emmène à la rencontre de cette personnalité.

Les lecteurs aimeraient mieux vous connaitre?
Qui est M. Jé- rôme CARLOS? Je suis un Béni- nois qui aura bientôt 70 ans, marié depuis 44 ans et père de 3 garçons. Journaliste et écrivain, je dirige depuis 16 ans une radio commerciale de proximité  (Capp
Fm) qui émet depuis Cotonou.

Quel est votre parcours Académique ?
J’ai fait mes études primaires à l’école St joseph de Porto- Novo et mes étudessecondaires au collège Père Apiaire sanctionnées par l’obtention d’un Bac Philosophie en 1964. Après le Bac, j’ai effectué la 1ère année en études de lettres (propédeutique) à Lomé au Togo. Puis de 1965 à 1968 je fus envoyé par le gouvernement Béninois à l’université de Dakar où j’ai obtenu ma licence en Histoire. En 1968, suite aux événements de Mai 68 de Paris largement repris au Sénégal, nous étudiants étrangers avions été rapatriés dans nos pays respectifs. Mais j’y suis quand même re- tourné à mes risques et périlsen 1969 pour finaliser ma maitrise en Histoire et parce que j’y avais rencontré mon épouse.
Après quelques années d’expériencesprofessionnellesno- tamment au Bénin de 1971 à 1975, je me suis inscrit à la Sorbonne de Paris où j’ai obtenu un DEA en Histoire. En
1980, étant Rédacteur en chef du1 er quotidien Africain «le continent»,  j’ai  intégré  l’école  de  journalisme  de  paris où j’ai eu l’occasion de parachever ma formation en journalisme.
Quel est votre parcours professionnel?
J’ai d’abord enseigné au Sénégal de 1969 à 1971 au lycée
Charles de Gaule de St louis.
En 1971, je suis rentré au bénin, pour partager mon expé- rience, j’ai donc occupé un poste de professeur d’histoire au lycée Béhanzin de Porto-Novo.
En 1972, la révolution pour laquelle nous avions été un peu des acteurs, m’a valu à partir de 1973 d’être nommé Direc- teur des musées – archives et bibliothèques, et un an après d’occuper le poste Directeur Général de l’Office Nationale d’Edition de Presse et d’Imprimerie (l’ONEPI)
En 1975, me sentant en complet déphasage avec le régime en place, je suis parti du Bénin et parmi donc les pays qui m’ont accueilli sur le chemin de cet exilvolontaire, il y a le Sénégal et la Côte d’Ivoire. De 1975 à 1980 j’ai travaillé dans la presse essentiellement en free-lance à Dakar, et en tant qu’expert consultant pour les problèmes culturels à l’Institut Cultuel Africain (ICA) toujours à Dakar. Avant d’occuper le poste de rédacteur en chef du magazine le Continent à Paris en 1980.
Après deux ans d’activité au sein du magazine « le conti- nent » nous avons mis fin à cette aventure pour diverses raisons, c’est donc sur invitation des promoteurs dudit ma- gazine  que je me suis rendu à Abidjan pour diriger Ivoire Dimanche, j’y suis resté 15 ans, où en plus du poste de ré- dacteur en chef, j’ai été producteur et animateur de l’émis- sion littéraire un auteur- un livre sur la chaine nationale. J’avoue que ce sont ces années qui ont été les plus riches en termes d’expérience pour moi.
A mon retour au Bénin en 1996, la vision partagée avec un groupe d’amis nous portait vers la création d’un centre Afri- cain de la pensée positive dont le plus grand challenge était de nourrir nos populations d’idées, mais suite à la démono- polisation de l’espace audiovisuel en 1997, nous avons pu obtenir une licence et ainsi créer une radio en 1998 qui continue d’émettre jusqu’à ce jour.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées sur le plan académique, profes- sionnel et dans la vie en général?
A vrai dire, à part les contraintes de la vie courante, je n’ai pas rencontré de difficultés majeures, parce que ma famille m’a beaucoup aidé sur de nom- breux plans, notamment scolaire. J’ai été très vite autonome et ai appris à compter sur moi même, de part la vo- lonté de mon père qui a souhaité me former à la dure depuis mon entrée au collège.
J’ai plutôt le sentiment que cela s’est bien passé pour moi et je le dois à cette rampe de lancement qu’a été mon édu- cation, cette autonomie/formation bien avant l’heure.
Le mot difficulté est un peu trop fort, car même si la douleur due à mon exil, aussi volontaire qu’il soit a existé de par sa durée (22 ans). Cette expé- rience reste liée à tellement de bon- heur, et cela d’une certaine manière m’a permis de me renforcer et de voir la vie autrement. Peut être que si je n’étais pas parti, ma vie aurait pris une autre tournure.

Selon vous quel est le secret de la réussite dans la vie?
Le secret de la réussite se résume en deux étapes :
– Croire en soi, garder cette force inté- rieure de savoir qu’on est l’architecte de sa propre vie et  qu’il n-y-a pas de difficulté qu’on ne puisse surpasser.
– Savoir s’imposer une discipline, voir une hygiène de vie pour bien baliser les chemins de la vie.

Quels conseils pouvez-vous donner à la jeunesse Béninoise en particulieret Africaine en général.
Dès l’instant oùl’on a su conquérir et maitriser cette denrée rare qui est la confiance en soi, toutes les portes s’ou- vrent. Nous avons devant nous une sorte d’autoroute sur laquelle tout de- vient possible, et je crois que c’est ce qui manque fondamentalement à nos jeunes pour pouvoir s’investir dans la voie qu’ils choisissent, afin de l’élargir pour leur épanouissement personnel. Il est vrai que de par mon travail no- tamment à la radio, je rencontre régu- lièrement les jeunes de tout horizon, il ressort de ces rencontres un ras-le-bol général, une jeunesse qui se sent or- pheline,   inutile   à   travers   le   chô- mage(malgré  de  longues  études)  et tous les maux qui lui sont infligés. A cette jeunesse je dis : sachez choisir votre formation de telle sorte que vous puissiez vous démarquer de ce qui a déjà été fait dans l’entreprise ou l’ins- titution dans laquelle vous travaille- rez tout en donnant un sens à votre vie.

Quel est votre mot de la fin ?
J’encourage les autorités dans leurs reformes    des    institutions    acadé- miques et universitaires du Bénin, de telle sorte qu’il y ai une véritable liai- son  organique  entre  l’entreprise  et l’école. Car le but devrait être le fait qu’en étudiant, l’on doit se forger à la vie d’entreprise puisque c’est le point de chute (le but) final, au lieu de sé- quencer ces périodes importantes de nos vies. Nous avons besoin d’une jeu- nesse africaine qui doit être technique- ment,     mais     aussi     moralement compétente à travers une vision claire de ses droits et devoirs en vue de ga- gner ce combat que nous menons de- puis des décennies.
J’encourage également votre maga- zine EDUmag dans son action d’infor- mation pour la bonne formation de la jeunesse.
Je terminerais par cette citation de Napoléon Hill «tout ce que l’esprit hu- main peut concevoir et croire, l’esprit humain peut le réaliser» mettons-nous donc en route, car il reste encore du chemin.

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