BeMBèRèkè

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Sur la Route Nationale Inter-Etat (RNIE) en allant vers le nord s’érige la modeste commune de Bem- bérèkè. Bembérèkè est une ville et en même temps le chef-lieu de la commune du même nom re- groupant les arrondissements de Bembéréké (684 km² avec 10 quartiers), Beroubouay (284 km² avec 5 villages), Bouanri (1087 km? avec 9 villages), Gamia (360 km? avec 10 villages) et Ina (691 km? avec 9 villages).     Comprise entre 09°58 ‘ et 10°040′ de Latitude Nord et entre 02°04’ et 03° de longitude Est, elle est limitée au Nord par la commune de Gogounou, au Sud par la commune de N’Dali, à l’Ouest par la commune de Sinendé et à l’Est par les communes de Bembérèkè et de Kalalé respectivement situées dans sa partie Sud-Est et Nord-Est. On y dénombre une population de 94.580 habitants en 2002 avec une densité de 28 hab/km2 sur une superficie de 3348 km2.

•Milieu physique
des Bâtiments de l’époque coloniale, des habitations mo- dernes simples et de temps à autre des agglomérations villageoises reliés entre eux par des pistes rudimentaires (terre rouge latéritique) délimitées par des cailloux en grande majorité ou parfois de simples sentiers ; tout ceci entouré d’une forêt claire correspondant à la savane ar- borée : voici en résumé le décor physique de la ville de Bembérèkè. Cependant, les sols sont très souvent riches en éléments minéraux et, par conséquent, sont favora- bles aux cultures telles que l’igname, le sorgho, etc. On y rencontre beaucoup de karité et de néré

•Groupes ethniques
Le Baatombu est l’ethnie majoritaire de ce milieu. En té- moigne, les mots comme « Kaweru’(Bienvenue en Baa- tonu) « Akounando’(Bonjour en Baatonu) que lancent souvent les bonnes dames à la gare, au marché en signe de salutation. A côté, il y a aussi les Fulbé, dendi, Yoruba, Fon, Adja, Natimba, Berba, Waama, ditamari qui y coha- bitent chaleureusement. La population est en grande ma- jorité musulmane (55,9 %) ; ensuite viennent les Traditionnalistes (15,19 %), les catholiques (7,8 %), les protestants (2,1 %) et autres (18,3 %).

•    Climat et Hydrographie
Son climat soudano-guinéen marqué par une saison de pluie (mai à octobre), une saison sèche (Novembre à avril) et l’harmattan (décembre à Février) se manifeste par une grande chaleur (soleil ardent à midi et chaleur humide les nuits) et en période d’harmattan, un vent glacial qui s’élève des collines et rase toute la ville. Située à la ligne de par- tage des eaux entre les bassins du Niger et de l’Ouémé, la commune de Bembéréké se caractérise par une vaste pé- néplaine granito-gneissique dont l’altitude s’élève de 4.91 m aux environs du 10 ° parallèle. La monotonie de cette plaine est sporadiquement rompue par l’existence d’une série de collines orientées Nord-Sud. Sur le plan hydrographique, la commune de Bembérèkè est très peu arrosée en cours d’eau. On y distingue un af- fluent de la Sota nommée Bouri et Swindarou (rivière de poisson en langue baatonou) auxquelles s’ajoutent de nom- breuses sources qui ne résistent pas à la saison sèche.
Cependant, l’attrait pour une ville comme Bembérèkè est son atout touristique, mais avant d’y revenir nous allons aborder l’historique de son nom.

•Historique
Le fondateur de Bembéréké serait SOUNONPENTI selon certaines sources ou OROU PENTI selon d’autres. Quoi qu’il en soit, c’est un chasseur d’éléphants qui, au cours de sa promenade, fut attiré par les conditions physiques ca- ractérisant le lieu.
Quant au sens du nom Bembèrèkè, il part de la colline ap- pelée en baatonu ‘’kpérou’’. Selon certains, le chasseur s’est installé dans les grottes de la colline. Pour désigner ce lieu les baatombu disaient : ‘’Kpérou N’boregue’’ ce qui signifie aux creux de la colline. Par déformation, il devien- dra plus tard ‘’GBEMGBEREGUE’’ en français BEMBE- REKE. Selon d’autres, en arrivant, le chasseur était accompagné de sa sœur Bèrèkè ou yon Gbèrèkè. Pour dé- signer la colline où ils se sont installés, l’on disait ‘Kpo Bè- rèkè’, qui signifie la colline Bèrèkè, du nom de la sœur, devenu plus tard Bembèrèkè en français. Ce dont on peut être sûr est que le nom se justifie par l’existence de la col- line qui dans le temps permettait de situer la localité habitée par ces premiers hommes.

•Des atouts touristiques et historiques importants
Bembérèkè est important du point de vue historique d’abord parce qu’il fut un champ de bataille de la guerre de colonisation française. Il y a les tombes de gouver- neurs et autres colonisateurs blancs et surtout la tombe de BIO GUERRA (héros baatonu de la lutte anticoloniale) et ses accessoires de combat qui y sont gardés.
Ensuite, Bembérèkè abrite le Prytanée Militaire de Bem- bérèkè (PMB), la prestigieuse école sous régionale de for- mation des Elites de la nation Béninoise et d’ailleurs.
Enfin, les groupes folkloriques, gardiens de toute la ri- chesse culturelle de nos ethnies comme le Têkè (danse coutumière Baatonu) sont également actifs. Sans oublier les groupes artisanaux qui font des œuvres dignes d’inté- rêt.
Cependant, il est à déplorer que toutes ces richesses en- clines à un perpétuel délaissement manquent d’être valo- risées et soient presque en voie de déperdition. Abordons maintenant les atouts économiques.

•Les atouts économiques
Les activités économiques de la commune de Bembérèkè se fondent notamment sur le secteur primaire et le déve- loppement de petites unités de production. Les activités économiques dominantes sont l’agriculture (74,2 %) et le commerce et la restauration (18,9 %). dans la commune de Bembéréké comme partout au Bénin les paysans conti- nuent à pratiquer l’agriculture sur brûlis avec des outils rudimentaires tels que la houe, le coupe-coupe, la hache, etc. Ceci limite la production qui sert essentiellement à la subsistance des populations rurales. Les cultures vi- vrières dominent : l’igname, le maïs et le mil sont à la base de l’alimentation des populations de la commune. Le coton et l’arachide viennent en tête de liste des cultures industrielles. L’élevage est très peu développé, peu orga- nisé et constitue une activité secondaire pour quelques individus. Les principales espèces animales élevées sont les bovins, les ovins, les caprins et les volailles. Sur le plan commercial, la commune abrite des marchés d’importance locale. Les activités commerciales sont orientées aussi bien vers la consommation domestique que vers l’importation et l’exportation (cas du coton).

•La santé et l’Éducation à Bembérèkè
Au plan sanitaire, pour quarante et quatre (44) villages regroupés au sein de cinq arrondissements, on dénombre un (01) Centre de Santé de Commune, trois (03) materni- tés, trois (03) Centres de Santé d’Arrondissement et trois
(3)    dispensaires. On a l’hôpital de Guéré et l’hôpital évangélique de Bembérèkè.
Sur le plan de l’éducation, on dénombre 55 écoles pri- maires, 4 collèges, dont le Prytanée Militaire de Bembé- rèkè. Rapportées à l’effectif de la population de la commune et à sa dispersion, ces infrastructures semblent insuffisantes.
On a aussi la Radio communautaire FM NONSINA qui participe activement à l’éducation des populations et sur- tout des jeunes.

•Organisation administrative et différents services
Le pouvoir traditionnel incarné par le roi est de plus en plus délaissé au pouvoir moderne incarné par le conseil communal de 17 membres, dirigé par le Maire assisté de deux (02) adjoints.
Nous avons aussi l’Union Communale des Producteurs (UCP) et ses démembrements (les GV, les GF et autres associations locales) ; ainsi que pleins d’Organisation non gouvernementale (ONG) qui constituent de véritables atouts de cette commune pour amorcer son édification

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